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  Vol. 298 No. 22, 12 décembre 2007 TABLE OF CONTENTS
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Ferdinand Hodler (1853-1918)

Jean Gavaudan, MD

Hodler est actuellement considéré comme l'un des plus grands artistes européens et pourtant l'un des plus méconnus.


Figure 1
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Né à Berne en 1853, il migrera à la fin de son apprentissage à Genève où il finira sa vie.

Peintre suisse, il est européen dans l'âme.

Influencé par de nombreux courants et peintres de son époque, Hodler a longtemps cherché sa voie.

On retrouve dans ses tableaux le coup de pinceau des impressionnistes, mais ses autoportraits doivent autant à Courbet qu'à Velasquez. On le croit impressionniste, le voilà symboliste. Homme mystérieux qui joue avec la vie et la mort sur ses toiles. On le classe symboliste, il devient expressionniste et se rapproche d'un Mondrian au début de sa vie.

En définitive, un peintre difficile à définir, mais qui laisse une empreinte profonde sur le spectateur. En cela, il est expressionniste, même lorsqu'il peint comme un symboliste.

Actuellement se déroule au Musée d'Orsay, à Paris, une exposition sur l'oeuvre de ce peintre étrange.

Il est conseillé à tout amoureux de la peinture de s'y rendre et de réfléchir avec Hodler sur le sens qu'il veut donner à la vie.

Il peint la vie, il lui faut un contrepoids. Il peint donc la mort qui devient obsessive, monte en lui, l'envahit. Il lui faut l'évacuer. Il la couche sur la toile. Elle frappe le spectateur qui devient attentif et réfléchit sur le sens profond de ce qui l'entoure. Une toile d'araignée se tisse et nous attire inexorablement vers ce monde sombre et solennel.

Les personnages de Ferdinand Hodler sont des âmes grises, introverties. Nous interrogent-elles en nous fixant qu'elles détournent aussitôt le regard. Ils défilent devant nous comme ces pèlerins, la corde au cou.

Le front plissé, le regard angoissé, les lèvres minces et serrées, ils sont figés et attendent. Tous ces signes sont ceux d'une dépression.

L'époque n'est pas une époque gaie.

En 1914, les allemands bombardent la cathédrale de Reims, Hodler proteste contre ce crime de lèse-culture. Il est exclu des peintres « allemands ».

Né au cours d'un siècle qui a connu les plus grands développements de la science et de l'intelligence de l'homme, il assiste impuissant au déchaînement de la bêtise de celui-ci.

Son symbolisme sera l'expression de sa réprobation et de sa réflexion. En cela, il devient expressionniste. Devons-nous ressentir ce que ce peintre a mis derrière ses personnages et ses couleurs ou allons-nous regarder passivement comme face à un tableau pompier? L'époque est trop étriquée. Les robes sont longues, la société vit comme une jeune fille trop prude qui se confronterait à une réalité trop dure.

On vit dans des cercles fermés, mais les pensées sont déjà dans le monde du futur.

Seule la bourgeoisie peut s'effrayer des tableaux de Hodler. En France, on le juge par trop expressionniste. Il ne plaira pas.

Il faut dire que l'on sort à peine de digérer l'impressionnisme que l'on nous offre Cézanne et ses déstructurations. Comment le bon peuple peut se retrouver dans ces courants de peintres qui, décidément, voient le monde à l'envers.

En 1914, le monde est à l'envers, c'est ce que ne veulent pas comprendre nos chers aïeux.

C'était au temps....

Hodler, lui, voit tel le monde qu'il est, mais tel qu'il est, ce monde lui fait mal. Il idéalise.

La nature est belle, sa Suisse lui plaît.

Il la peint en la transformant, il la prépare pour l'éternité. Les montagnes rejoignent les lacs, les nuages sont ces « nuées défilantes » qui marquent le courant de nos jours. Hodler peint le royaume éternel.

Hodler vivra ses dernières années dans la tristesse. La « der des der » n'en finit plus. Sa maîtresse, Valentine Godé-Darel meurt en 1915, il est malade.

Il s'éteint à Genève en 1918 à l'âge de 65 ans en face du lac.

Hodler est un peintre à ne pas mettre devant tous les regards. Âmes sensibles, s'abstenir.

Pour ceux que la beauté intérieure séduit et qui cherche dans le regard de l'autre le monde qui s'y déploie, Hodler est à voir et revoir. Il percute la pensée.







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